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Définitions
La théorie ordinale de l’utilité suppose que
le consommateur est capable de classer différents biens selon leur utilité. Ce
classement reflète la satisfaction relative du consommateur et dicte donc sa
préférence.
On peut à partir de ces concepts définir
plusieurs types de couples de biens.
Ce sont des biens dont une variation de
consommation de l’un peut être compensée par une variation inverse de la
consommation de l’autre.
Ils sont en quelque sorte
interchangeables car ils ont des caractéristiques identiques qui leur
permettent de satisfaire un même besoin.
C’est le cas des moyens de transports entre
deux villes.
Si un consommateur a un besoin de trajets en
moins de 3 heures entre Paris et Lyon il arbitrera entre le train et
l’avion. Il le fera indifféremment
quelle que soit la part de chaque moyen de transport dans l’ensemble des
trajets dont il a besoin. L’interchangeabilité est constante, et on dit que la
substitution est parfaite.
A l’inverse un consommateur qui peut arbitrer
entre du café et du thé pour satisfaire ses besoins en boissons chaudes de la
journée le fera dans la limite de certains besoins (petit déjeuner par exemple)
mais pas au-delà d’une certaine quantité
de l’un ou l’autre des produits, afin de préserver ses besoins
« exclusifs » (café après repas, thé de 5 heures …).
L’interchangeabilité n’est donc pas constante
et on parle de substitution imparfaite.
Dans une économie limitée à deux biens,
ceux-ci sont nécessairement substituables : si la consommation de X
baisse, celle de Y augmente.
Dans une économie comportant plusieurs biens,
certains doivent être consommés ensemble pour couvrir un besoin. Si X et Y sont
dans ce cas, ils sont dits complémentaires : la consommation de X entraîne
celle de Y et réciproquement. Dès lors, toute variation de la consommation de X
entraînera une variation identique de la consommation de Y dans des proportions
données.
C’est le cas d’ampoules électriques associées
à l’achat d’une lampe de chevet.
Deux biens peuvent aussi être indépendants : ce sont des biens qui ne
relèvent pas du tout du même besoin et n’ont aucun lien technique. Leurs
consommations évoluent indépendamment l’une de l’autre. Les exemples sont
innombrables (pommes et chaussures à titre illustratif).
2/Représentations
Courbes
d’indifférence selon les types de bien
Soient deux biens X et Y.
On cherche à représenter l’ensemble des
« paniers » constitués d’une certaine quantité x de bien X
(représentée sur l’axe des abscisse) et d’une certaine quantité y de bien Y
(représentée sur l’axe des ordonnées), aboutissant à une même satisfaction (utilité
U) pour le consommateur.
Ces paniers sont donc représentés par des
points P(x,y). On appelle courbes d’indifférence l’ensemble des points d’iso-utilité
U.

Le taux marginal de substitution ou TMS est
le rapport en un point donné entre la quantité élémentaire de bien Y
qu’il faut substituer à une variation élémentaire de quantité bien X pour la même
utilité globale.
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Cas des biens substituables
parfaits : si nous reprenons le cas des
transports, pour un niveau d’utilité donné, par exemple 100 trajets, nous
aurons une courbe d’indifférence définie par x+y=100 où x représente le nombre
de trajets en train, et y le nombre de trajets en avion. Le taux marginal de
substitution est constant et égal à -1.

D’une manière générale, les biens
substituables seront représentés par une droite dont la pente est constante et
égale au taux marginal de substitution.
Cas des biens substituables
imparfaits : toujours en reprenant l’exemple du
thé et du café, on peut considérer qu’au-delà d’un certain seuil la
substitution ne sera plus possible et que par exemple aucun accroissement de
quantité de X (café) ne pourra compenser une diminution de quantité de Y. On a
donc deux droites reliées par une courbe concave dont le TMS est décroissant en
valeur absolue.

Bien sûr, beaucoup de facteurs interviennent
dans la consommation. Ils rendent peu fréquents les cas de substituts parfaits
(notamment le marketing vise à démarquer un produit de ceux de la concurrence
qui lui seraient substituables).
Dans le cas de biens
complémentaires le niveau d’utilité est fixé par
la consommation liée des deux produits (lampe / ampoule) dans une proportion
donnée. L’accroissement de consommation d’un seul produit n’augmentera pas la
satisfaction. D’où la représentation par deux droites parallèles aux axes.
L’optimum économique se situe évidemment au croisement des deux droites. 
3/ Elasticités croisées
Ce concept permet d’estimer si deux biens
sont substituables, complémentaires ou indépendants à partir de l’analyse des
corrélations entre variation de prix de l’un et variation des quantités
consommées de l’autre.
Prenons deux biens X et Y, on examine l’effet
d’une augmentation du prix de Y (py) sur les quantités
consommées de X (x), toutes choses égales par ailleurs.
E = [D(x)/x] / [D(py)/ py]. L’interprétation porte sur le signe
de E.
Si E > 0 une augmentation du prix de Y est corrélée avec un
accroissement de consommation de X, ce qui peut s’interpréter comme une
substitution de Y par X dans un recherche d’optimum économique par le
consommateur. Inversement une diminution du prix de Y est corrélée avec une
diminution de consommation de X ce qui peut s’interpréter comme une
substitution de X par Y. Les deux produits sont substituables.
Si E < 0 une diminution du prix de Y est corrélée avec une
augmentation de consommation de X, ce qui peut s’interpréter comme un lien
mécanique entre les consommations des deux produits : la consommation de Y
augmente du fait de la baisse du prix et entraîne celle de X, les deux
produits sont complémentaires.
Si E = 0, il n’y a pas de substitution ou consommation liée, les deux
produits sont indépendants.
Bibliographie
Economie politique vol.2 de J. Généreux, Hachette
Economie politique de G. Abraham-Frois, Economica
Dictionnaire d’économie et de
sciences sociales de C.D Echaudemaison, Nathan